Les islamistes shebab ont lancé mardi une attaque meurtrière contre une base militaire au nord de la capitale somalienne, juste après que le gouvernement ait annoncé avoir remporté contre eux une "victoire historique" en leur reprenant une ville côtière "stratégique".Des chiffres contradictoires ont été avancés par différentes sources sur le nombre de soldats tués lors de cet assaut contre le camp militaire de Hawadley, situé à environ 60 kilomètres au nord de Mogadiscio. Le chef de l'armée, Odowaa Yusuf Rage, a déclaré à la radio nationale que cinq soldats, dont un officier, y étaient "morts en martyr".Un peu plus tôt, un commandant d'une milice alliée au pouvoir près de Hawadley, contacté par l'AFP, avait lui annoncé un bilan de 11 soldats tués."Les jihadistes ont d'abord fait exploser un véhicule chargé d'explosifs, puis ont attaqué" le camp militaire, a indiqué ce commandant, Mohamed Osman, joint par téléphone. L'attaque a été revendiquée par les shebab, groupe affilié à Al-Qaïda. La base de Hawadley avait été reprise aux shebab en octobre dernier par les forces gouvernementales et leurs alliés des milices claniques. Lundi, l'armée somalienne avait annoncé avoir repris Harardhere, ville portuaire située à environ 500 km au nord de la capitale, contrôlée depuis 2010 par les shebab. Le gouvernement a assuré que la reprise de cette ville "stratégique" constituait une "victoire historique".L'attaque de mardi "démontre la capacité des shebab à produire des bombes artisanales et à les déployer dans l'Etat de Hirshabelle", a souligné auprès de l'AFP Omar Mahmood, chercheur spécialiste de la Somalie à l'International Crisis Group."Il est difficile de dire qu'il s'agit de représailles directes après la prise de Harardhere, mais il s'agit davantage d'une réponse plus large à l'offensive en cours" des forces progouvernementales, a-t-il poursuivi.Les shebab combattent depuis 2007 le gouvernement fédéral soutenu par la communauté internationale. Chassés des principales villes du pays en 2011-2012, ils restent solidement implantés dans de vastes zones rurales.Le président Hassan Cheikh Mohamoud, revenu au pouvoir en mai 2022, leur a promis une "guerre totale", et récemment qualifié leurs membres de "punaises de lit".En septembre, le chef de l'Etat a envoyé l'armée - dont des forces spéciales - soutenir des milices locales, connues sous le nom de "macawisley", qui se sont révoltées contre les shebab.

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